• La bataille de Châteauguay

    On l’a vu, le Québec compte dans son histoire un militaire redoutable qui fut un incroyable meneur d’hommes : Charles de Salaberry. Voici le récit d’une de ses plus grandes batailles à la tête des Voltigeurs.

    (Désolé d’avance pour l’incroyable qualité de mes cartes stratégiques. Notez qu’elles sont grandement simplifiées pour les besoins de la vulgarisation !)

     

     

    Nous sommes à la fin octobre 1813 et Salaberry reçoit l’ordre de ralentir une importante force américaine de plus de 3000 soldats se dirigeant vers Montréal. Il installe ses forces, composées de Voltigeurs, d’Amérindiens et de miliciens sur la rive-nord de la rivière Chateauguay. Il se prépare à recevoir une partie des forces américaines et se positionne prêt d’une barricade défensive avec 300 hommes. Question d’avoir l’initiative, Salaberry tire le premier à l’approche de l’ennemi et abat un cavalier d’un coup, bref les salutations d’usage en temps de guerre. Un combat violent s’engage (1) !

    Une partie des hommes sous ses ordres, les Canadians Fencibles, qui sont peu nombreux, reculent sous le feu nourrit des États-uniens. Ils croient alors à une retraite des Canadiens et commencent déjà à crier victoire. Salaberry saisit rapidement l’occasion et fait sonner tous les clairons. Il envoie les Amérindiens dans les bois pour crier et faire du bruit, faisant croire ainsi à une force bien plus nombreuse. Les Américains, tous confus, ne savent pas trop à quoi s’attendre et commencent à avoir des sueurs froides.

    Au même moment, sur la rive-sud (2), d’autres troupes canadiennes sont aux aguets. Sortant des bois, des Américains s’étant perdus les aperçoivent et font feu. Les Canadiens se battent comme des diables même s’ils ne sont que 90 malgré quelques renforts! Les Américains, pas trop disciplinés, se sauvent vers le gros de leur armée plus loin. Les Canadiens s’approchent alors vers les troupes plus nombreuses (3). L’attaque est téméraire, mais se disant que ce n’est pas une bande d’Américains qui les arrêteraient aujourd’hui, ils chargent à la baïonnette.
    C’était audacieux, peut-être un peu trop et ils perdent du terrain. Un des commandants canadiens se fait tuer, et son lieutenant ordonne alors une retraite. Un soldat ennemi, voyant l’occasion, s’attaqua au lieutenant qui le décapita derechef, question de lui montrer qu’on ne s’en prend pas impunément à un officier des Voltigeurs. Malgré cela, les Américains croient encore une fois à une victoire et s’approchent du bord de la rivière, espérant en finir avec la racaille canadienne qui ne veut pas mourir.

    De retour sur la rive-nord, Salaberry aperçoit ces mêmes américains de l’autre côté de la rivière, s’approchant des rives. Il ordonne alors de faire feu (4) et de les renvoyer d’où ils viennent. Leurs tirs, croisés avec les munitions restantes des troupes au sud, sont précis et mortels. Les soldats américains s’enfuient la queue entre les jambes dans le bois, maudissant ceux qui les ont envoyés se battre contre ces invincibles Canadiens.

     

     

    La bataille de Châteauguay, par Henri Julien

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